Réchauffement insoutenable?

Publié le par Vivre Debout

Selon Londres:
La Terre se réchauffe
 à un rythme "insoutenable".

L'augmentation des gaz à effet de serre provoque un réchauffement du climat à un rythme qui est "insoutenable" et dont les conséquences pourraient être plus rapides et plus importantes que prévu, affirme le gouvernement britannique, dans un nouveau rapport.

Les calottes glaciaires autour des deux pôles pourraient commencer à fondre au cours de ce siècle en raison du réchauffement climatique dû à l'augmentation de ces émissions, indique notamment le gouvernement.

"Il est à présent évident que l'émission de gaz à effet de serre, associés à l'industrialisation et la croissance économique d'une population mondiale qui a été multipliée par six en 200 ans, provoque un réchauffement climatique à un rythme qui est insoutenable", affirme le premier ministre, Tony Blair, dans la préface de ce rapport.

"Les risques de changement climatique pourraient bien être plus grands que ce que nous pensions", avertit M. Blair.

Le rapport, intitulé "Eviter un changement climatique dangereux", compile les travaux de scientifiques réunis en février 2005 à l'occasion d'une conférence sur le changement climatique, organisée à Exeter (sud-ouest de l'Angleterre).

Il affirme qu'il y a à présent "plus de clarté et moins d'incertitudes" concernant l'impact du changement climatique que ne le pensaient dans leur rapport de 2001 le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Celui-ci affirmait à l'époque qu'"il y a de sérieuses preuves que le changement climatique dû aux émissions humaines de gaz à effet de serre se produit déjà et que les émissions futures de gaz à effet de serre vont probablement augmenter les températures globales d'entre 1,4 et 5,8 degrés celsius au cours de ce siècle, avec un large éventail d'impacts sur la nature et les sociétés humaines".

Or, affirme le rapport du gouvernement britannique, "dans bien des cas, les risques sont plus sérieux que précédemment estimés".

Pour exemple, il cite le "récent changement qui se produit dans l'acidité de l'océan", ce qui va probablement "réduire la capacité d'absorber le dioxyde de carbone (CO2) de l'atmosphère et affecter la chaîne alimentaire marine dans sa totalité".

Et avec de telles hausses de la température moyenne de la Terre, les conséquences sur la géographie de la planète seront majeures, estiment les scientifiques.

Selon eux, une augmentation de 1,5 degré celsius à l'échelle de la planète pourrait ainsi être un seuil qui déclenche la fonte de la calotte glaciaire du Groenland, tandis qu'une augmentation de la température globale d'environ 1 degré pourrait mener à un blanchissement du corail.

Le rapport estime également que des solutions technologiques pour réduire de manière significative les émissions existent, et leur coût pourrait être "plus petit", parfois moitié moins, que ceux considérés jusqu'à présent.

Un éventail d'options "est nécessaire et exclure n'importe quelle option va augmenter les coûts", indique-t-il, en évoquant notamment les échanges de quotas des émissions de CO2.
Si rien n'est fait dans les vingt prochaines années pour stopper les émissions de gaz à effet de serre, le monde ira à sa perte, préviennent ces scientifiques britanniques.

Pour ces experts, dont le conseiller spécial du Premier ministre britannique, les preuves attestant d'un réchauffement catastrophique de la planète sont aujourd'hui "indiscutables" et l'inaction des politiques inacceptable.

"Le changement climatique est plus grave que nous ne le pensions et nous devons agir maintenant", a déclaré Henry Derwent, conseiller spécial de Tony Blair pour les questions climatiques.

Ce cri d'alarme a été lancé lors de la présentation à la presse de l'ouvrage collectif, "Avoiding Dangerous Climate Change" ("Eviter le danger d'un changement climatique"), auquel ont participé des climatologues, des océanographes, des économistes et des responsables politiques.

Pour eux, le pic d'émission de dioxyde de carbone doit intervenir au plus tard en 2025 sous peine d'une catastrophe.

Les températures moyennes relevées à la surface du globe sont déjà supérieures de 0,6°centigrades aux moyennes de l'ère pré-industrielle, ont-ils fait remarquer.

Une augmentation supplémentaire de 0,4°C aurait des conséquences catastrophiques (destruction des barrières de corail, inondations en Himalaya et danger de famine pour des millions d'êtres humains).

Si la hausse est de 3°C, la moitié des projections maximales pour ce siècle, alors 400 millions de personnes seront confrontées à la faim, des espèces animales disparaîtront et des maladies comme la dengue prendront des proportions pandémiques.

Pour éviter tout cela, il faudrait que les émissions globales atteignent un pic en 2025 puis reculent de 2,6% par an...

Mais même ence cas, en raison de l'inertie du phénomène, nous serons probablement confrontés à une augmentation de 2 degrés . Nous devons, par conséquent, commencer à nous préparer à nous adapter dès maintenant...

La première phase du protocole de Kyoto arrive à échéance en 2012, et les négociations pour la seconde phase n'en sont qu'à leurs débuts. Les Etats-Unis, premier pollueur de la planète, ont rejeté le protocole et créé un partenariat Asie-Pacifique pour le développement propre avec l'Australie, l'Inde, la Chine, le Japon et la Corée du Sud.

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