Vers de grandes famines...

Publié le par Vivre Debout

SANS PéTROLE, LA FAMINE…

 

Par ordre d'importance, voici, en résumé, selon Pierre Gevaërt («Alerte aux vivants et qui veulent le rester»), les principaux vecteurs des futures famines:

 

1.- La disparition du paysannat partout dans le monde, soit disant «compensé» par les grosses exploitations agro-chimiques mais qui épuisent les terres.

 

2.- La dépendance totale des dites industries agricoles par rapport aux hydrocarbures, le pétrole en particulier, pour la fabrication des engrais chimiques et des pesticides, et les énormes besoins en eau.

 

3.- La perte des surfaces agricoles par l'urbanisation, les implantations industrielles, sportives, touristiques, résidentielles, grandes consommatrices d'eau.

 

4.- La distribution alimentaire concentrée dans les grandes surfaces, qui doivent pratiquer le flux-tendu, c'est-à-dire avoir un minimum de stock, alors que les innombrables petits commerces, bien répartis sur le territoire, possédaient de bonnes réserves facilement ré-alimentées d'ailleurs par les petites productions locales.

 

5.- La dépendance des grandes surfaces par rapport au transport. Transports extrêmement fragiles à tous les niveaux (manque de carburants, intempéries, grèves, etc).

 

6.- L'esprit de panique qui paralyse les flux dès les premières pénuries, par stockages spéculatifs et surtout par bêtise.

 

7.- Le climat universellement imprévisible et agissant, hélas, toujours dans le sens des «récoltes sinistrées».

 

8.- La démographie toujours en hausse, surtout dans les pays agricoles les plus fragiles: Chine, Inde, plusieurs pays d'Afrique, d'Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient et d'Amérique latine.

 
 

9.- L'immense bêtise, et surtout l'incompétence, des «spécialistes» en la matière, ceux de la FAO en particulier, sourds et aveugles devant toutes ces réalités.

 

10.- Les conséquences de la lutte des grandes sociétés commerciales pour établir et verrouiller leur situation de monopole, toujours au détriment des productions locales vivrières.

 

11.- La disparition des savoir-faire, qui ne permet pas une réaction salutaire rapide; en effet, qui est encore capable de faire pousser des céréales et des légumes en situation d'isolement?

 

12.- Les mauvaises habitudes alimentaires modernes, consistant en la consommation exagérée de produits carnés, dont la production nécessite énormément de céréales et protéagineux, et, d'autre part, l'habitude de raffiner les aliments, faisant perdre une bonne partie de leur valeur alimentaire et de 20 à 30 % de leur poids utile.

 

13.- Les sales habitudes des gaspillages alimentaires.

 

14.- La disparition de la biodiversité, voulue par les grosses sociétés qui monopolisent les semences et les variétés, les sélectionnant sur leur convenance à l'industrie et non plus leur résistance, leur adaptabilité, leur pérennité. Véritable crime contre l'humanité.

 

15.- L'avancée des déserts, la disparition des forêts, surtout tropicales.

 

Comme expliqué, l’on ne peut absolument pas faire confiance aux «spécialistes» de la FAO, sensés s'occuper des problèmes alimentaires mondiaux, car ce sont des technocrates, qui basent leurs analyses sur des statistiques composées sur mesure par leurs propres soins. L'absence d'un personnage, comme le regretté René Dumont[1], se fait sentir, car il avait de l'autorité en la matière. En relisant ses écrits, on se rend compte qu'il avait raison et que ses «prophéties» deviennent de plus en plus d'actualité.

 

Il est grand temps aussi de mettre en chantier une étude sur le «droit de propriété», car il risque d'être incompatible avec les problèmes alimentaires du futur, celui de l'après pétrole qui n'est pas si lointain. De toute manière, le principe même d'une réforme agraire remet en cause ce droit. En effet, comment pouvoir nourrir les bientôt 7 milliards d'individus, sans remettre en question l'appartenance des sols nourriciers? Surtout, dès que leur exploitation industrielle ne sera plus possible!


[1] René Dumont La croissance de la famine, le Seuil, 1980.

Publié dans Veille Ecologique

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