Survivre à la disparition du pétrole...

Publié le par Vivre Debout

Comment faire pour survivre?

 

Y a-t-il une {sur}vie après le pétrole?

Où serez-vous lorsque surviendra le «grand krach»?

Peut-être dans vingt ans…, peut-être dans quinze ans…, peut-être dans dix ans, peut-être dans cinq ans seulement…, peut-être moins…

Aurez-vous déjà intégré une petite communauté de survie?

Ou bien, faute d’y avoir cru à temps, serez-vous toujours dans votre plus ou moins grande mégalopole devenue invivable parce que non approvisionnée en rien?

La question qui se pose pour chacun est celle-ci: « serai/irai-je lorsque la vie «normale» sera devenue impossible?»

Celui qui attend ce moment-là pour se la poser n’aura, pour survivre, le choix qu’entre deux alternatives:

1)   soit il se laissera mourir, lui et sa famille

2)  soit il deviendra un pillard tentant de s’emparer des ressources des autres là où elles existeront encore…

Mais, dans tous les cas, en quelques années, la population vivant à la surface de la Terre passera de 6,5 milliards à environ 2 milliards d’individus, voire moins…

La crise vue de plus près

Si nous nous demandons que faire face à l'effondrement maintenant tout proche (c’est vraisemblablement l’affaire de vingt, quinze, dix ou même cinq ans…) de nos sociétés dites «modernes», nous devons déjà être conscients de ce qui va se passer. Selon certains auteurs réfléchissant au problème, il y aura, face à la crise du pétrole (sans même parler des autres!) quatre étapes différentes à venir, qui peuvent être définies par trois facteurs: sources d'énergies, interdépendance mutuelle et sécurité individuelle et familiale.

Les quatre grandes Étapes de la Rupture

1. Prise de Conscience

C'est l'étape en laquelle nous nous trouvons encore présentement. Sans énergie pas de vie possible!  Les hydrocarbures sont notre principale source d'énergie (90 % pour les transports et 40 % de toute l’énergie produite et consommée) et notre interdépendance les uns à l’égard des autres est très grande – c'est à dire que chacun a un travail spécifique à accomplir et nous comptons sur les autres pour faire le leur.

Par exemple, les paysans cultivent du blé, les routiers sympas l'amènent aux minoteries, les minotiers le transforment en farine, d'autres chauffeurs routiers avec de plus petits camions la livrent au boulanger, qui en fait du pain et la femme du boulanger le vend, ce qui fait que tout le monde peut manger du pain! Si l’un des groupes échoue dans sa tâche, c'est le système tout entier qui échoue. Un seul maillon faible entraîne la rupture de la chaîne. L'agriculteur ne peut pas lui-même transformer son blé en pain, et le boulanger ne peut pas faire pousser son propre blé pour le vendre, et tout le monde a faim!

Nous disposons encore aussi, pour l’instant, d’un haut niveau de sécurité, dans la mesure où les gouvernements, les pouvoirs publics, la police et même l’armée maintiennent généralement l'organisation sociale et le respect des lois, de telle sorte que les êtres humains individuels n'ont pas trop à se soucier directement du maintien de l’ordre et de leur sécurité personnelle.

Vis-à-vis des dangers pointant à l’horizon la conscience est actuellement encore bien faible et cette étape ne prendra pas fin avant que pratiquement toute la population instruite du monde ne reconnaisse ce problème (il y aura toujours des gens qui ne connaîtront pas la déplétion du pétrole, tout comme, présentement,  particulièrement dans les pays en voie de développement, beaucoup ne sont pas conscients du réchauffement du climat). Mais comme la Prise de Conscience aura tendance à croître avec les signes de la déplétion du pétrole, cette étape se chevauchera avec la suivante.

2. Transition

Il s'agit d'une relativement longue période durant laquelle nous passerons de notre société moderne basée sur les hydrocarbures à ce qui viendra ensuite. Elle commencera, bien sûr, avec les augmentations de prix, les pannes de courant, entraînera toutes sortes de récessions économiques et s'achèvera avec des révoltes, des guerres et des famines. En Mai 2008, nous pouvons déjà dire que cela commence déjà! C'est, déjà, comme vient de le titrer un hebdomadaire d'information connu, "le commencement de la ... faim!".

La transition peut être subdivisée en deux phases: ordonnée et anarchique.

2a. Transition Ordonnée

Au début, les trois facteurs sont toujours dominants, en particulier la sécurité. Les privations pourront momentanément être apaisées par les allocations, la mise en place de services d'urgence et de santé supplémentaires performants. Durant cette phase, les gouvernements gardent encore le contrôle des populations et ainsi les pannes de courant ne provoquent pas encore de pillages et les pénuries de nourriture ne dégénèrent pas encore en émeutes.

2b. Transition Anarchique

La Transition se poursuit, mais, cette fois, le pétrole devient rare et l'ordre est rompu. Les craintes de pillages ou d'émeutes de la Transition Ordrée deviennent une réalité. Notre faculté à vivre individuellement dans l’interdépendance est menacée quand certaines étapes des processus sont affaiblies ou deviennent indisponibles (qu'advient-il du processus blé-pain lorsque les camions ne trouvent plus de gas-oil pour transporter les marchandises?). Il est alors de plus en plus difficile pour les autorités de garder le contrôle et nous sommes forcés de nous débrouiller par nous-mêmes, produisant notre nourriture et défendant nos maisons contre les pauvres et les affamés.

3. Récupération

La Transition se termine quand presque tous les hydrocarbures sont indisponibles. La sécurité a disparu et l'interdépendance n'est plus viable. Nous sommes forcés de vivre dans des petites communautés de la taille d'un village ou d'une tribu, produisant notre propre nourriture, entretenant nos constructions et assurant notre sécurité.

Ceux qui ne sont pas dans ces entités sont «forcés» de piller les autres.

Cette période est appelée Récupération, parce que nous dépendrons des restes de notre société industrielle actuelle. Il restera un peu de bois comme carburant ou pour la construction, tant que ces arbres auront une chance de pousser. Il faudra bien des années pour (ré)apprendre les compétences de l'auto-suffisance et le retour à l'agriculture. Nos sociétés devront, à bien des égards, radicalement changer, l'interdépendance devenant multi-tâches.

4. Auto-Sufisance

La dernière étape sera l'auto-suffisance. À ce moment là, ceux qui n'auront pas su s'adapter à un style de vie auto-suffisant auront disparu, et il ne restera que ceux qui auront su s'organiser en groupes indépendants. Sans plus de pétrole ou de gaz, avec un charbon difficilement accessible, la Civilisation Industrielle ne revivra pas, bien que nous «progresserons», en définitive, vers une société de type médiéval «Demain le Moyen Âge»…

Publié dans Veille Ecologique

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