Défense des semences paysannes

Publié le par Vivre Debout

Mais où sont donc passées
les semences paysannes!?!

"La véritable Harmonie naît de la diversité des genres
et non de l'uniformisation.

L'absence de diversité entraîne fatalement stagnation et, pour finir,  le dépérissement et la mort, parce que le rafraîchissement par la complémentarité fait alors défaut!

Si cela avait été voulu, il n'y aurait eu qu'une seule {sorte de} plante!

Les fleurs des champs et des prés, précisément par leur diversité, vivifient et rafraîchissent, oui, elles rendent heureux!"

- L'Art de Vivre -

Un scandale!: Les paysans n’ont plus le droit de vendre ni même de gratuitement échanger leurs propres semences!

Par «semences paysannes» l'on entend tout ce qui concerne la multiplication des végétaux: les graines, les plants, les boutures, etc. Aujourd’hui, 3 ou 4 variétés - c'est tout! - couvrent 60% de l’assolement annuel en blé, et 80% des légumes cultivés il y a cinquante ans ont tout simplement, oui ... disparu!

Les semences paysannes, premier maillon de la chaîne alimentaire.

Pendant des millénaires, l'on n’a parlé que de semences ou de plants, toute semence étant, «par nature», le résultat du travail des paysans. Au siècle dernier, apparut la profession de semencier et de pépiniériste.

Aujourd’hui, si l'on définit le geste premier du paysan par le fait de produire sa semence, alors l'on peut dire qu’il n’y a quasiment plus de paysans ni de semences paysannes en Europe.

En effet, si plus d’un cultivateur de céréales sur deux re-sème{nt} encore le grain récolté, en revenant toutes les deux ou trois campagnes à l’achat de "semences certifiées", une poignée seulement d’entre eux fait un véritable travail de sélection leur permettant de travailler de manière totalement autonomes leurs propres variétés.

Quant aux autres espèces: maïs, fourragères, légumes, arbres fruitiers, vignes... toutes leurs variétés viennent de la coopérative, du semencier ou du pépiniériste. Il s’en est ensuivi une extraordinaire érosion de la biodiversité des plantes cultivées, au point que, comme déjà dit en introduction, aujourd’hui trois ou quatre variétés couvrent 60% de l’assolement annuel en blé, et que 80% des légumes cultivés il y a encore cinquante ans ont "purement et simplement" disparu!

La qualité et la productivité des plantes cultivées dépendent avant tout de leur adaptation au milieu environnant dans lequel elles vivent. La transformation et la distribution industrielles ont besoin de disposer de grandes quantités de matières premières homogènes. Pour cela, elles imposent aux paysans, pour chaque espèce, seulement un tout petit catalogue de variétés, qu’ils devront servilement cultiver en grande quantité, en toutes circonstances et en tous lieux.

Au lieu que ce soit l'inverse, l’agriculture industrielle est ainsi "obligée" d’adapter la diversité des terroirs et des conditions de culture à quelques variétés: engrais chimiques, pesticides, voire irrigation sont là pour ça. Elle a recours à des semences ou plants industriels, qui ont été sélectionnés pour leurs capacités à utiliser au mieux toute cette chimie de synthèse (au point de ne plus pouvoir s’en passer).

Aujourd’hui, engrais chimiques et pesticides atteignent leurs limites techniques (appauvrissement des sols, apparition de résistances...) mais aussi d’acceptabilité sociale (pollutions...).

Le recours aux OGM n’est qu’une fuite en avant, qui se heurtera encore plus vite aux mêmes impasses.

La pétition "Sauvons les semences paysannes!"

Pour le maintien de la biodiversité dans les fermes, depuis le mois de Septembre 2004, le Réseau Semences Paysannes a lancé, avec de nombreux partenaires, la pétition "Sauvons les semences paysannes!" pour tenter d'obtenir une évolution de la réglementation actuelle.

En Novembre 2005, cette pétition avait déjà reçu 50.000 signatures.

Alors, ne restez pas les bras ballants, pour signer la pétition, rendez vous, dare-dare, sur le site de:

http://www.semencespaysannes.org

Publié dans Combats écologiques

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