Quelle énergie pour demain?

Publié le par Vivre Debout

Quelle est la solution
au problème de l’énergie?

 

Vous avez dit «bio-carburants»?

Le pétrole n’est pas une énergie renouvelable et est en voie de disparition… Soit! Si l’on se tourne alors vers les énergies renouvelables, cela donne quoi ?

«Biocarburants», hydrogène, moteur à eau ou à air ..., de nombreuses solutions semblent à portée de main pour réduire notre consommation en pétrole et la pollution qui en découle et remplacer cette source d’énergie en train de disparaître par de «nouvelles énergies». Pourtant, à bien y regarder, les choses s'annoncent nettement plus compliquées...

Les «bio-carburants», aussi appelés «agro-carburants», sont souvent présentés comme l’alternative miracle au pétrole. Le principe consiste à produire des carburants "bio" (pas forcément à voir avec l’agriculture «Bio», car les «biocarburants» peuvent être réalisés à partir de plantes chimiquement cultivées!) à partir de blé, betterave, colza, canne à sucre et autre tournesol...

Effectivement, la combustion de ces carburants dans les moteurs provoque une faible émission de carbone. Tout semblerait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes énergétiques possible. Sauf que cette évaluation de la quantité d’énergie produite et des pollutions induites ne tient pas compte de l'énergie nécessaire à la production des biocarburants: fabrication, transport et distribution de biocarburants sont, eux aussi, très gourmands en énergie.

D'autre part, il faudrait cultiver les plantes permettant de fabriquer de s«biocarburants» à très grande échelle. L'ADEME (Agence officielle De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) estime qu'il faudrait pour couvrir nos besoins actuels en énergie 120% de la surface de la France pour remplacer l'équivalent énergétique qu'offre le pétrole. Les agro-carburants ne peuvent donc pas sérieusement être présentés comme une véritable et durable alternative au pétrole.

Et l’hydrogène?

Le principe de base est d'utiliser du dihydrogène dans les moteurs. Combiné au dioxygène, il libère beaucoup d'énergie pour former de l'eau. Sauf que la synthèse du dihydrogène s'effectue actuellement à partir d'énergies dites fossiles: pétrole et gaz naturel. Enfin, l'investissement énergétique nécessaire à la production de l’hydrogène pose problème : pour produire de l’hydrogène il faut aussi de l’énergie – et donc, essentiellement, du pétrole ! -, car l’hydrogène n’est pas véritablement une énergie mais juste un vecteurtransformée. C'est le serpent qui se mord la queue. d’énergie ; c’est de l’énergie

De plus, se pose le problème – encore irrésolu - du stockage dans le véhicule de ce gaz très explosif et volumineux.

Moteurs à eau, moteurs à air

Même problème pour le moteur à eau: la production du dihydrogène pour le faire fonctionner s'effectue par électrolyse de l'eau ..., qui nécessite elle-même, jusqu'à présent, une énergie dite fossile...

En l'état actuel, étant donné les sources d'énergie utilisées pour produire l'électricité, le moteur à air comprimé n'est pas non plus une solution environnementale satisfaisante: Le CO2 est libéré au niveau des centrales thermiques classiques qui produisent l'électricité utilisée par ces moteurs. L'utilisateur n'en a pas forcément conscience et croit «rouler écologique», mais la pollution s'effectue en amont, ce qui revient au même.

L’air comprimé, tout comme l’hydrogène, n’est pas lui-même une énergie mais juste, lui aussi, un vecteur d’énergie, de l’énergie fossile transformée.

Le nucléaire

Cette énergie abondante sur la planète pourrait sembler, en cette heure de pénurie de pétrole, la meilleure alternative. C'est d'ailleurs ce qui explique le regain d'attention que de nombreux pays lui accordent en ce moment, dans un contexte de renchérissement et de pénurie du pétrole.

Mais c’est oublier le problème crucial de l'élimination des ainsi que la déchets radioactifssécurité des centrales. Le 20ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl associé à la grande manifestation anti-EPR de Cherbourg du 15 avril 2006 sont venus nous rappeler, en avril 2006, la potentielle grande dangerosité de cette source d'énergie, notamment vis-à-vis du risque terroriste.

Si les Américains n’ont pas été capables de protéger les tours de leur World Trade Center, pourquoi les Français seraient-ils mieux capables d’efficacement protéger leurs 58 réacteurs vis-à-vis du crash volontaire d’un avion civil?

Les aveux, le plus possible dissimulés, d’EDF à ce sujet ne sont guère rassurants…

Par ailleurs, là encore, il n'y aucun miracle à attendre du nucléaire qui ne pourra pas, lui non plus, se substituer aux énergies dites fossiles.

En effet, selon Yves Cochet (spécialiste de la crise du pétrole, faisant partie des Verts), «pour remplacer seulement un quart de la production mondiale de pétrole par des réacteurs de la puissance moyenne actuelle, il faudrait, sur la Terre entière, en construire plus de deux mille» pour un coût de pas moins de 3000 milliards d'€uros…

énergies renouvelables

énergies solaire, éolienne, géothermique ..., ces sources naturelles peuvent être des énergies d'appoint mais pas couvrir l'intégralité de nos besoins. À moins de parsemer la France de milliers de kilomètres carrés de cellules photovoltaïques (capteurs solaires) pour récupérer l'énergie du Soleil, ou d'installer des millions d'éoliennes... Et encore, le pays n'est ni assez ensoleillé, ni assez venteux...

De toutes façons, il faut fabriquer les cellules photovoltaïques, transformer les matériaux, les transporter, entretenir les usines ... à  l'heure actuelle cette solution apparaît peu rentable et surtout peu réaliste tant d'un point de vue économique qu'environnemental.

Vers un nouveau comportement

La solution au problème de l’énergie ? Y en a-t-il seulement une? Face au défi énergétique de plus en plus préoccupant et à mesure que les ressources mondiales diminuent (les spécialistes les plus modérés parlent d'une diminution progressive de la production mondiale de pétrole à compter de 2020, les plus pessimistes – ou réalistes ? –, notamment ceux de l’ASPO, disent que l’on y est quasiment déjà…), les êtres humains devront apprendre à économiser les ressources.
La construction de bâtiments écologiques qui intègrent la norme HQE (Hauté Qualité Environnementale) va devenir à la mode, ainsi que la moindre utilisation de la voiture en ville, le co-voiturage, la réduction des déplacements et des voyages ... mais aussi beaucoup moins de consommation de produits industriels de plus en plus «gadgets». Certainement nous serons, par la force des choses, conduits à changer notre mode de vie et à envisager une réduction de la croissance, avec un moindre pouvoir d'achat mais, peut-être, pour certains, dit-on, plus de qualité de vie.
 

À moins que, d'ici là, disent ceux qui attendent un improbable miracle, une nouvelle source d'énergie (laquelle? – l’énergie libre?) ne vienne «nous sauver»...

Nous sauver, oui, mais de quoi? D’une plus grande qualité de vie? En ce cas, ce serait dommage… Non?

Publié dans Veille Ecologique

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